La question du trafic illicite des biens culturels est un problème qui concerne la plupart des membres de l’association des demeures historiques européennes. Les maisons privées sont, en effet, les premières cibles des voleurs avant les lieux de cultes et les musées. La plupart des vols sont commis dans les demeures historiques ouvertes au public et étant donné que la moitié de nos membres ouvrent leurs portes, nous pouvons mieux comprendre que le trafic illicite est un sujet sensible pour eux et que l’association a un rôle important à jouer pour les aider à lutter contre ce trafic international.

Suite à l’étude que l’Association des Demeures Historiques Européennes a menée auprès de ses membres, cinq grandes recommandations sont proposées pour venir en aide aux propriétaires privés de demeures historiques, aussi bien du point de vue de la prévention du vol qui est locale que des solutions à envisager face au trafic, qui lui est international.

  1. Créer une base de données européenne dotée de critères spécifiques sur laquelle chaque propriétaire pourrait déposer, via un intermédiaire reconnu, (police, association de demeures historiques) une fiche inventaire européenne décrivant le bien volé ou disparu en double exemplaire, un dans la langue du pays, l’autre traduit en anglais.
  2. Renforcer le statut juridique de l’inventaire, ce qui d’une part permettrait de mieux entreprendre les recherches et la traçabilité des objets en cas de vol et d’autre part, faciliterait la récupération du bien par son propriétaire, une fois celui-ci retrouvé.
  3. Renforcer le rôle de l’association nationale de demeures historiques en créant un référent/un point de contact qui agirait sur la prévention, mais aussi sur les actions à suivre en cas de vol. Reconnu par les  autorités publiques, le rôle de ce point de contact serait d’être un intermédiaire entre, d’une part, le propriétaire ayant subi un vol et les grandes institutions spécialisées détentrices du savoir-faire et des bonnes pratiques à mener. Le référent serait une personne qualifiée, formée par ces institutions internationales lors de colloque ou de séminaires. Il faut éviter la multiplication des coopérations et désigner des référents dans chaque pays.
  4. Oeuvrer à l’harmonisation des législations nationales sur la question du trafic illicite et créer une législation européenne qui définirait, au niveau européen, les termes de biens culturels, trafic illicite de biens culturels et recel.
  5. Inciter les polices spécialisées à sensibiliser la police locale en proposant des séminaires de formation et des colloques de sensibilisation.

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